Dans la Revue statistique sur l’énergie dans le monde daté de juin 2004 de British Petroleum, compagnie pétrolière N° 3 à l’échelle de la planète, le groupe anglo-américain réputé pour ses analyses et ses données chiffrées sur le secteur indique que la durée de vie des réserves pétrolières de l’Algérie n’est que de 16 ans.
De façon plus précise, les réserves prouvées de brut du pays sont, à fin 2003, de 11,3 milliards de barils, soit environ 1, 6 milliard de tonnes. Elles représentent 1% des réserves mondiales. L’Algérie a produit en 2003 pour 1,8 million de barils/ jour de liquides. Rapportée au niveau d’extraction du pays, la durée des réserves n’est que de 16 ans. Ce qui veut dire, nous semble t-il, — si entre-temps, il n’y a pas eu de découvertes significatives ou de réévaluations à la hausse des accumulations de brut dans les gisements —, que l’Algérie sera un importateur net de pétrole à partir de 2020. En comparaison, la durée de vie des réserves de pétrole du Nigeria et de la Libye, respectivement premier et second producteurs de brut en Afrique est de 43 ans et de 66 ans. L’Angola risque de ravir à l’Algérie sa place de troisième producteur dans le continent. Bien qu’aujourd’hui, ses réserves prouvées soient seulement de 8,9 milliards de barils et une production de 885 000 barils/jour, leur durée de vie est de 27 ans. Avec les successives découvertes enregistrées dans le golfe de Guinée, ces chiffres seront sans doute revus à la hausse au cours des prochaines années.
En comparaison avec les pays du Golfe et d’autres pays grands producteurs de brut, les ressources de l’Algérie s’avèrent très modestes. La durée de vie des réserves est de 73 ans pour l’Arabie Saoudite, de 92 ans pour l’Iran. Elle est de 71 ans pour le Venezuela, 22 ans pour la Russie et le Kazakhstan.
En revanche, les ressources gazières de l’Algérie sont beaucoup plus importantes. Ses réserves prouvées sont à fin 2003 de 4 520 milliards de m3, soit 2,6 % des réserves mondiales. Leur durée de vie indique British Petroleum est de 54 ans. Les réserves de gaz de l’Algérie sont classées septième au monde. Sa production, de 82 milliards de mètres cubes en 2003, place le pays au cinquième rang à l’échelle de la planète.
En résumé, l’Algérie est un pays beaucoup plus gazier que pétrolier. Et ces chiffres invitent de façon urgente à réfléchir, dès aujourd’hui, sur l’après-pétrole et à une véritable industrie de biens et services de substitution aux hydrocarbures, à mettre en place d’ici à 2020.
Par Ryad Nasrou , Liberté, 12 septembre 2004
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ESSEN (AFP) - Le ministre allemand de l'Environnement Sigmar Gabriel a souhaité samedi que les droits d'émissions de CO2 qui seront distribués aux entreprises après 2012 en Europe soient "mis aux enchères à 100%" et non plus distribués gratuitement comme actuellement.
"Nous avons besoin d'une vente plus importante aux enchères, nous pensons qu'il faut prévoir 100% à partir de 2013", a-il affirmé à l'issue d'une réunion avec les ministres européens de l'Environnement à Essen (ouest de l'Allemagne) consacrée aux technologies environnementales.
Dans les plans nationaux d'émissions de C02 pour la période 2005-2007, ces quotas ont été distribués gratuitement et dans la période 2008-2012, seul un maximum de 10% de ces droits pourront être vendus aux enchères par les Etats qui le souhaitent.
"Tant que la destruction de l'environnement n'aura pas de prix, personne n'aura intérêt à investir dans les technologies propres", a souligné M. Gabriel.
Ces quotas de CO2 sont au coeur de la politique de l'UE pour respecter son objectif de réduction d'émissions de gaz à effet de serre (-8% en 2012 par rapport à 1990) dans le cadre du protocole de Kyoto pour lequel elle est très en retard.
L'idée est d'inciter les industries "énergivores" (11.400 sites, dans les secteurs de l'énergie, du papier, du ciment et du métal), responsables de la moitié des émissions de CO2 en Europe, à investir dans des technologies propres en donnant un prix, et donc un coût, aux émissions de CO2.
Les entreprises qui réussissent à réduire leurs émissions peuvent ainsi revendre les quotas non utilisés à d'autres entreprises qui n'y arrivent pas
Mais la générosité des quotas d'émissions attribués pour la première période 2005-2007 avait provoqué un effondrement des cours de la tonne de CO2 sur le marché du carbone.
Aussi la Commission a-t-elle imposé aux Etats membres des restrictions sévères dans les plans 2008-2012, ce qui lui vaut d'être poursuivi devant la Cour de justice par deux Etats membres (Slovaquie et République tchèque).
Elle doit faire une présentation législative d'ici la fin de l'année pour réviser la directive sur le fonctionnement du marché du C02 après 2012.
L'un des objectifs des Européens est d'intégrer les Etats-Unis dans le cadre d'un marché mondial.
Selon M. Gabriel, ce marché peut être une explication de la proposition inattendue de George Bush de lancer un nouveau cycle de négociations avec les grandes économies mondiales pour fixer d'ici à fin 2008 un objectif mondial à long terme de réduction des gaz à effet de serre.
"C'est très improbable que les Etats-Unis ne participent pas à un marché financier où on peut gagner de l'argent", a-t-il affirmé.
A côté du marché du CO2, les ministres ont évoqué d'autres pistes pour soutenir les entreprises qui investissent dans des technologiques écologiques, comme celle de leur faire profiter des marchés publics, au niveau local ou national, qui représentent l'équivalent de 16% du PIB européen.
Pour parler de cette "nouvelle révolution industrielle", les ministres étaient réunis symboliquement dans l'ex-site minier Zollverein, qui était le plus grand complexe charbonnier de la Ruhr et est aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'Unesco et reconverti en lieu culturel et de création de design.
Le secteur aérien mondial, via son association IATA, va tenir son assemblée annuelle à partir de dimanche à Vancouver (Canada) avec en bonne place dans son ordre du jour les moyens de lutter contre le réchauffement climatique, sur fond de croissance du trafic aérien.
"Cette année, l'un des sujets phares sera l'environnement", affirme Anthony Concil, porte-parole de l'IATA. "C'est un sujet de premier plan dans les ordres du jour politiques, les Nations Unies doivent plancher dessus en septembre via l'organisation de l'aviation civile internationale (OACI), et notre industrie a déjà commencé à faire des efforts" pour polluer moins, explique-t-il.
Outre la nécessité pour le secteur aérien de réduire ses émissions de gaz à effet de serre, de nouvelles prévisions financières de l'IATA seront publiées lundi et devraient attester de la bonne santé du secteur...
... AFP New York - 3 juin 2007 (extrait)












